Raymond Drygalski, graveur paradoxal



Cet homme-là cultive l'art du paradoxe.

Le sait-il?

L'approche est aboutie.
Sincère et sans détours, elle tire sa force de sa simplicité.
Premier paradoxe.

Les formats, oblongs, sous tension, génèrent cependant des compositions sobres et équilibrées dont la mise en page laisse la part belle au ciel; espace ouvert, qui dépasse désormais de loin les limites imposées.

Les volumes, fruits de lignes qui effleurent plus qu'elles n'incisent, sont à la fois précis et délicatement naïfs : petites maison de coron, imposants terrils, hautes cheminées, sont les transcriptions spontanées, presque infantiles, d'un souvenir encore aigu.

La matière pourtant née de l'eau-forte, technique aux accents agressifs, se fait velours.
L'encre, corps dense et compact, se libère en de larges zones qui vibrent et palpitent au rythme d'une application subtile et nuancée...

La couleur, enfin, se décline à l'infini. Du noir au noir, du noir au gris, du gris au noir...
Elle crée une atmosphère tantôt mélancolique, tantôt poétique, révélée par la lumière noire d'un monde un peu triste devenu magique...



Coraly Aliboni
Conservatrice Adjointe
Musée des Beaux-Arts de Charleroi







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